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L'association en 2012

Gaston Dayanand, "héros" de la Cité de la Joie, nous ecrit de Calcutta

jeudi 05 janvier 2012 à 10h09

EN HOMMAGE AUX 80 ANS DE DOMINIQUE
Pour lui, je voudrais consacrer ce numéro de Noël à quelques-unes des Organisations qu’il a financées. Toutes ont commencé indépendamment. Beaucoup ont été aidées par Seva Sangh Samiti de Pilkhana et financées par ASSS de Paris (Les amis de SSS, devenu au fil des 47 ans de leurs dons, AVTM (Aide aux villages du Tiers-Monde) aux tous débuts, du temps où sur le terrain, dans les slums ou les villages comme infirmier d’un dispensaire en création, je pouvais les aider à démarrer.
Puis vint le temps des structurations, surtout après que je les eus quittées. Il fallait un financement solide. Et ce fut à Dominique que je le proposais. Car depuis l’extraordinaire succès de son livre « La Cité de la joie » traduit en plus de trente langues, il me demandait sans cesse : « Dis-moi qui je pourrais aider. » Cela bien entendu ne tombait pas dans l’oreille d’un sourd ( !), mais il me fallait le temps de disparaître et de commencer à un nouvel endroit et je pouvais lui indiquer enfin l’ONG à financer ! Et ce sont quelques-unes de ces ONG que je voudrais rappeler aujourd’hui en l’hommage des 80 ans de notre frère, avec quelques statistiques pour mieux les situer.
Tous les acteurs de cette longue épopée ont commencé par un mini-projet, en créant un Comité interreligieux où Hindous, Chrétiens, Musulmans et Bouddhistes étaient à égalité. Peu à peu, chacun et chacune ont compris que leur propre religion devait les aider à mieux être au service des plus pauvres. Pour aboutir, en ces quinze dernières années, à une compréhension plus exacte de leur rôle transculturel, à savoir, accepter mutuellement les valeurs d’autres religions ou cultures et de leur offrir quelques-unes des leurs en retour. Cette vingtaine de jeunes enthousiastes des débuts ont cru à la valeur du dévouement, de la compassion, de l’entraide et de l’amour, même quand je le leur proposais au nom des valeurs évangéliques qui sont les miennes. Ils/elles ont trente ou quarante ans de plus maintenant, mais gardent intacts ces mêmes certitudes, encouragés par l’exceptionnel témoignage de générosité des époux Lapierre. Dans presque chacun de leurs rapports annuels, ils demandent les bénédictions du Seigneur Jésus sur leurs activités. Et je puis également invoquer la Miséricorde d’Allah sur eux tous ou du Seigneur de la Gîta.

UBA—l’Association des Frères Unis du Dr Kamruddin (un croyant convaincu de l’Islam de 18 ans et très ouvert) est la plus ancienne, puisqu’elle date des années septante (ou soixante-dix si vous préférez). Il travailla tout d’abord avec moi dans la plupart des slums de Howrah, pour s’étendre petit à petit dans les campagnes. A dix kilomètres, il fonda son imposant centre principal pour reloger 500 aborigènes vivant le long des routes et son groupe de garçons handicapés. Mais il favorisa toujours, sur mon conseil, les petites structures. Avec sa dynamique femme Noorjahan-Lumière du Monde, qui fonda la branche féminine USA—l’Association des Sœurs Unies, ils entraînèrent à leur suite des dizaines d’hommes et femmes des trois religions.
Dès 1981, mes amis Wohab (23 ans, musulman : « J’abandonne définitivement mon travail d’avocat ») et Sabitri (18 ans, hindoue : «Je ne me marierai jamais pour être au service des plus pauvres ») fondèrent SHIS à l’orée des Sundarbans. De l’échoppe de thé où je commençai à offrir les premiers soins avec la chrétienne aborigène Blandine, SHIS créa un complexe socio-médical avec un Collège médical, plusieurs hôpitaux. L’ONG devint une énorme organisation avec plus de mille travailleurs, essaimant dans 12 des 14 Districts du Bengale.
En 1986, ce fut au tour de Sukeshi de démarrer le dispensaire de Bélari dans un centre fondé par le très pieux et vénérable moine laïc de la Ramakrishna Mission, Soritda-Rivière Sacrée. Elle avait déjà dix ans d’expérience de travail infirmier avec moi dans son premier centre de Jhikhira créé pendant les grandes inondations de 1978. Chrétienne, elle arriva là avec son gosse de trois ans abandonné par son père juste après le mariage. Après avoir soigné un million cinq cent mille malades, elle fut expulsée manu militari par l’intolérance locale. Ce qui permit à son fils Papou, alors âgé de 18 ans, de reprendre son petit centre de 100 handicapés, de le transporter à Kathila à 25 kilomètres, et d’en faire, comme directeur, l’institution d’excellence pour infirmes la plus importante de tout le Bengale rural : Asha Bhavan Centre – le Foyer de l’Espoir (ABC).
Vers la fin du siècle dernier me fut donnée la joie de former comme travailleuse sociale Mina, une des filles de Wohab ayant 17 ans. Elle commença seule à fonder 12 écoles (sic) dans son coin, puis se maria avec Ebadat, un tout jeune musulman que je tiens pour un de nos meilleurs travailleurs sociaux. Je les aidais alors à démarrer un centre pour handicapés, Paras Padma, en pleine brousse, presque aux marches des Sundarbans.
Et finalement, tous les fondateurs et responsables de ces organisations convinrent ensemble qu’il fallait renouveler notre vue de développement durable, et me poussèrent à fonder ICOD à 20 km d’Uluberia et quatre km de Bélari. Mais tout cela relève de l’histoire.
Et maintenant, je vais essayer de dire brièvement ce qu’ils ont fait depuis. En gros, avec quelques statistiques tirées de leurs derniers rapports annuels pour être plus concret.

UBA de Mohammed Kamruddin : en 2011, 30 petits projets différents commencés à Pilkhana: trois cliniques homéopathiques avec 45.000 malades, du Planning familial pour 7.500 familles, apprentissage de couture sur deux ans chaque année pour 200 jeunes filles des slums, surtout des toutes jeunes veuves. Chacune reçoit une machine à coudre à la fin de son stage… (et cela dure depuis trente ans !) ou un cadre en bois pour la broderie de fils d’or sur saris. Puis un centre avec trente garçons handicapés, un autre pour 35 ex-prostituées âgées, des aides pour les vieillards, pour l’étude de centaines de gosses, et bien plus encore. La branche féminine USA regroupe quarante femmes, des trois religions, mais la plupart musulmanes, pour quadriller les slums et visiter les familles pour détecter les cas de détresse. Un total de 60.000 bénéficiaires par an.

Le Centre médical de Bélari, appelé BPBS et fondé par Soritda et Sukeshi il y a 26 ans, vient ensuite. Avec son dispensaire principal ayant soigné 81.000 malades en 2011, ses 19 cliniques volantes en suivant 163.000 autres, son centre antituberculeux (252 tuberculeux cette année, dont 180 guéris), sa clinique ophtalmologique (244 opérations de cataracte) et dentaire (un célèbre arrache-dents que leur dentiste !), ses six écoles du soir organisées dès l’origine par six Comités de femmes dans des villages éloignés, son centre de physiothérapie (lancé conjointement par ICOD il y a quatre ans) suit chaque semaine 211 handicapés physiques et en aide des centaines d’autres dans les cliniques volantes). Enfin son centre permanent pour cent jeunes aborigènes des briqueteries pris en charge de façon permanente avec des professeurs enseignant en Hindi. Au total, Belari soigne 250.000 malades et a des centaines d’autres bénéficiaires. Quand Sukeshi a dû partir de ce centre en 2001, elle y avait déjà soigné plus de un million deux cent mille malades !

Issu de Bélari, ABC, le Foyer de l’Espoir d’Uluberia, fondé en 1995 par Sukeshi également, mais organisé de main de maître en 1999 par son jeune fils Papou, qui n’a pas encore 28 ans aujourd’hui et en est le directeur : avec l’aide de 240 travailleurs, la plupart spécialisés, ABC est devenu le plus important centre du Bengale rural pour handicapés physiques et cérébraux. Ce centre ultramoderne et même d’avant-garde comprend : un foyer pour 308 enfants infirmes résidents (172 IMC, 30 sourds-muets, des quadriplégiques, des polios, 60 enfants à la fois infirmes physiques et mentaux profonds, ainsi que quelques orphelins). Pour les réhabiliter, un atelier de pointe de fabrication d’orthèses et de prothèses qui en a fabriqué 877 cette année. Sans compter les chaises roulantes, tricycles et autres béquilles. Tous ces enfants, dont ABC a toujours eu quelque peine à scolariser, car les préjugés sont grands, vont à partir de janvier 2012 être éduqués dans une école spécialisée, un grand bâtiment de quatre étages inauguré le 8 décembre par Dominique et Dominique Lapierre, dont les pentes spiralées permettent à toutes les chaises roulantes d’accéder à toutes les classes de I à VIII, et à tous les ateliers de formation (peinture, chandelles, papier mâché, couture, art, poterie et même mode ( !), etc.) et ce jusqu’au sommet. De plus, une école de physiothérapie forme depuis plus de 12 ans, avec l’aide de volontaires de « Kinés du Monde » de France, des dizaines de physiothérapeutes pour la réhabilitation quotidienne de ces gosses et de ceux des sous-centres ruraux. Car ABC a aussi créé une chaîne d’écoles (reconnues par le gouvernement) dans six Districts pour 1.821 écoliers, dont environ 200 handicapés.
De plus, un Foyer spécialisé pour 60 femmes malades mentales a été créé, en soignant aussi 966 autres dans sa clinique publique. Enfin, trois autres projets financé par d’autres donateurs, notamment AVTM de Paris, complètent le tableau : un dispensaire qui a vu 17.000 malades en 2011, un projet de lutte contre la malnutrition pour 332 enfants malnutris, le suivi de centaines de familles, enfin l’enseignement sanitaire, hygiénique et médical, pour plus de 8.000 familles des slums de Howrah, y compris la nutrition, les vaccinations et immunisations, les hospitalisations, les apprentissages divers, etc.
De plus, ABC a participé avec efficacité aux services d’urgences de plusieurs inondations dans nos trois Districts proches (d’autant plus que plusieurs de ses écoles ont été construites sciemment dans des lieux dangereux). Sa plus remarquable réalisation rurale a été le relogement de centaines de sinistrés aux îles Andamans et Nicobar après le tsunami du 26 décembre 2004, et au Bihâr après les catastrophiques inondations d’il y a quatre ans.
Bien qu’on ne puisse comparer des simples soins aux malades avec la réhabilitation si capitale pour leur avenir d’handicapés, on peut dire qu'au total, en 2011, ABC a aidé 45.000 personnes, dont 18.000 handicapés.
Enfin, le dernier des Foyers créé, celui de Paras Padma—la touche du lotus avec Ebadat et Mina à l’orée des Sundarbans, réhabilite 70 jeunes handicapés et compte un atelier d’orthèses, un suivi de physiothérapie continu par des spécialistes formés sur place par « Kinés du Monde », des sous-centres volants pour la détection des différents handicaps, un dispensaire soignant quelques milliers de malades. D’autres petits projets sont mis en route par cette équipe dynamique et quasi-familiale qui donne un exceptionnel témoignage de dévouement et d’efficacité.

Il me faut maintenant parler de SHIS qui est vraiment un cas à part.
Depuis 30 ans que Wohab et Sabitri ont lancé SHIS, on compte les bénéficiaires par millions (sic). Au cours de cette seule année 2011, probablement plus d’un million de personnes ont reçu une aide quelconque. Je me contenterai donc de citer en gros les principaux projets que font tourner ses plus de mille travailleurs, car ils sont trop nombreux pour être détaillés.
À Bhangar tout d’abord, se trouve un étonnant complexe de bâtiments : un Centre hospitalier multi spécialisé (qui est Collège médical également) de plusieurs étages avec une trentaine de docteurs spécialistes, y compris la cardiologie, les maladies infectieuses, le cancer, la gynécologie, le diabète, le planning familial ou la prévention du Sida ; avec tous les laboratoires de pathologie nécessaires et tous les derniers appareils d’examens médicaux. La grande spécialité cependant est la détection, prévention et éradication de la tuberculose. Des centaines de milliers de malades ont été suivis à domicile et guéris. La tuberculose a été définitivement éradiquée dans plus de 1.500 villages. Wohab est même devenu consultant et membre Conseil National pour la tuberculose de New Delhi et est souvent invité à l’étranger pour des congrès ou des… médailles ! De nombreux docteurs viennent se former ici. Il y a aussi un hôpital ophtalmologique de pointe de 500 lits qui a réalisé entre autres, 20.000 opérations de cataracte, dans les villages ou les slums de Kolkata, les 2/3 gratuites. Un autre bâtiment abrite une école d’infirmières, de pathologistes et autres métiers paramédicaux.
Un centre de culture de plantes médicinales et de fabrication moderne de médicaments ayurvédiques permet à de nombreuses femmes de gagner leur vie. La vente des médicaments va jusqu’en Corée du Sud ! Deux immenses écoles primaire et secondaire pour plusieurs milliers d’étudiants pauvres complètent cet impressionnant complexe. Un centre pour 40 jeunes sourds et muets a été installé tout proche.
Dans les îles du delta des Sundarbans, quatre grands bateaux-dispensaires avec appareils de radiologie et laboratoires de pathologie apportent les soins dans les 54 îles habitées, la plupart coupées du monde tout le long de la grande réserve des tigres, biotope protégé par l’UNESCO, dont Wohab est officiellement ‘garde honoraire ‘. À partir de ces bateaux, 1.464 dispensaires volants dans 180 villages, menés par trente docteurs et 200 paramédicaux ont soigné 80.000 malades cette année 2011. Bien entendu, les vaccinations et le planning familial sont systématiques dans toutes les îles. Quatre maternités ont été mises en place depuis quelques années, qui ont déjà vu des milliers d’accouchements sous contrôle médical.
Dans je crois 14 des 16 Districts du Bengale, y compris dans ceux au pied des Himalaya, des centaines d’autres projets socio-médicaux, d’éducation ou de développement rural ont vu le jour à travers les années.
Un programme géant de microcrédit couvrant 33.300 femmes pauvres dans 2.664 villages a offert 520 millions de roupies de prêts, remboursés à 97 %, ce qui a permis à des familles de survivre en lançant de petits commerces, voire des entreprises, qui leur apportent de quoi gagner modestement leur vie.
63.000 latrines et des milliers de puits tubés ont été réalisés, avec fabrication de filtres spéciaux pour tous les points d’eau potable empoisonnés par l’arsenic. Près de 7.000 étangs proches de la mer ont été désalinisés. Des centaines de dispensaires reliés à 15 laboratoires de pathologie et de radiologie, et des unités de spécialistes de lutte contre la malaria, le choléra ou les épidémies donnent des soins à d’innombrables malades, y compris dans les dangereuses jungles infestées d’animaux sauvages proches du Bhoutan ou de l’Assam.
À la demande de la police, une vingtaine de ressortissants de prison ont été réhabilités en leur offrant l’occasion de lancer des petites entreprises. Un seul cas de récidive à ma connaissance nous laisse mesurer le succès de cette tentative assez imprévue par ici.
Enfin, durant les calamités naturelles, les équipes de SHIS ont distribué des millions de matériel de première nécessité y compris nourriture, vêtements, tentes et médicaments. Ils ont travaillé durant de nombreuses inondations, cyclones, tsunamis (même au Tamil Nadu), épidémies, glissements de terrain, sécheresses, villages incendiés, famines dans les jardins de thé du Nord fermés par les syndicats ou le gouvernement, et emmené en urgence dans les hôpitaux par ambulances ou hors-bords les victimes de piqûres de serpents venimeux, morsures de tigres, panthères ou crocodiles, et maladies ou accidents divers. Un groupe d’intervention en cas de désastre est toujours en alerte.
En plus de tout cela, SHIS a créé un réseau de formation de plusieurs dizaines d’ONG privées travaillant dans les deux Districts autour de Bhangar.

On comprendra qu’en face d’un tel nombre de projets, il me soit impossible de les détailler plus et de les quantifier. Il me faudrait étudier de nombreux rapports annuels et je n’en trouverais pas le temps.
En 1995, avec trois hindous, trois musulmans et trois chrétiens dont les responsables Kamruddin, Wohab, Sukeshi, Soritda et quelques autres, nous avons fondé le CIPODA — Centre interreligieux de regroupements d’organisations de développement. Je n’en suis, comme pour toutes les autres ONG, que le conseiller socio-spirituel. Il a rapidement regroupé des centaines d’ONG (plus de 600 l’an dernier), dans la plupart des Districts du Bengale. Près de 300 d’entre elles ont reçu une aide concrète pécuniaire pour développer leurs petites organisations ou clubs à la condition que leurs comités comprennent des membres des trois religions et des femmes. Durant plusieurs années, sous l’énergique direction du Dr Kamruddin, ce fut un réel succès. Nous pûmes organiser des Séminaires interreligieux dans plusieurs villes avec des centaines de participants expliquant comment leur foi les poussait à aider les plus pauvres. On nous appelait de partout. Ma santé m’empêchait souvent d’y participer, ce qui provoquait la grogne. Car de nombreux responsables religieux tenaient à rencontrer ce qu’ils n’avaient jamais encore vu : un chrétien dialoguant avec tous. Puis la taille et la vitesse d’accroissement nous obligèrent à freiner l’élan. De plus, Dominique Lapierre étant le seul donateur, nous ne pouvions exiger de lui des fonds toujours plus abondants. Ce qui produisit mécontentement et jalousies : « Pourquoi telle ONG et pas telle autre ? Pourquoi plus dans tel District et pas dans le mien ? Pourquoi pour tant de musulmans et si peu de chrétiens ? Pourquoi cette ONG bidon et pas la nôtre ? » Bref, des tensions diverses en parallèle aux difficultés de financement nous ont obligés peu à peu à terminer l’expérience cette année, à ma grande tristesse. Un nouveau Comité vient de se former, pour continuer les séminaires, mais sans demande d’argent. On verra ce que cela donnera. Mais cette expérience était ma grande espérance.

Dans le même temps, notre plus petite ONG, ICOD a été pensée en 1995 et est née en 2004. Inutile de s’étendre sur cette organisation dont cette chronique parle sans cesse depuis sept ans. Avec ses deux cents pensionnaires des deux sexes (orphelins, handicapés physiques, mentaux, sourds, muets, aveugles, nouveau-nés, vieillards, tous peu ou prou abandonnés) et ses 7.000 bénéficiaires en détresse, inutile de la comparer avec les autres. Volontairement, tous les responsables des six ONG qui l’ont proposée se sont écartés des sentiers battus. Il nous fallait passer des structures pour personnes déshéritées aux personnes elles-mêmes dont nul ne s’occupait. Ce n’était qu’une option pour nous. Pas une indication pour tous. Mais quand-même un rappel aux priorités absolues qui sont le développement pour les individus nécessiteux. Et puis, importance du nécessaire dialogue entre les religions, de travailler à l’intérieur de sa (ou ses) cultures, de réflexion étho-biologique, de chercher à établir de nouvelles relations entre hommes et femmes, êtres humains et nature, animaux et plantes, par l’harmonie avec toute la création visant à une cosmovision universelle précédée par une fondamentale fraternité planétaire. Et pour les croyants que sont la plupart des Indiens, le rapport crucial avec la Réalité Ultime quel que soit le Nom que chacun/e lui donne. ICOD n’en n’est qu’à ses débuts, cherche sa voie, hésite beaucoup et manque de têtes pensantes. Mais les lendemains sont prometteurs, même si on ne les voit pas encore chanter !

On a vu plus haut que toutes ces organisations, vues dans un ensemble, travaillent de façon holistique, c’est-à-dire en essayant de répondre le mieux possible aux besoins si multiples des déshérités. En fait, ce travail revient au gouvernement. Mais l’Inde d’après l’Indépendance était partie de si bas (pas une épingle n’était fabriquée dans le pays, tout son artisanat et toute son industrie domestique ayant été balayés par ses maitres blancs) avait déjà réalisé un miracle en sortant le pays de sa misère endémique, qu’après 60 ans, les nouveaux maîtres, bruns cette fois-ci, ne se souciaient plus guère de ses masses délaissées. D’où l’importance irremplaçable des ONG privées. Certes, sur 3.000 (puis 5.000) au Bengale, seules deux ou trois cents recevaient des fonds de l’étranger, ce qui est fort peu, les communistes n’étant pas très enthousiastes pour accepter de recevoir des fonds capitalistes ! Ni même les Indiens en général depuis quinze ans.
Mais c’est l’honneur et la gloire d’un Dominique d’avoir été durant tant d’années le donateur généreux de tant de projets coûteux et de quelques autres dont je ne parle pas car je n’ai pas été directement en lien avec eux. Il faut quand même souligner que même aujourd’hui, nombreux sont aussi les projets qui sont financés par une galaxie de petites organisations privées de plusieurs pays, notamment de France, Suisse, Italie, Canada et Espagne. Mais il reste que Dominique et sa femme financent à 100 % l’une d’entre elles, quatre pour plus de 80 %, et un bon pourcentage pour les autres. Il a été pendant longtemps le seul donateur du reste. Mais les temps changent et les économies aussi. La crise occidentale actuelle a abaissé fortement la capacité de nombreuses personnes de s’engager sur le long terme. Toutes les organisations dites charitables marquent le pas. Les fonds baissent et les pourcentages diminuent. Dominique lui-même, dont sa femme assure à elle seule toute l’administration et la recherche des fonds, nous a avertis que dès cette année, il devrait couper de 20 % ses contributions. Et peut-être de 50 % l’an prochain.

Que nous réserve le futur ? C’est la même question que se posent des millions de ménages européens ou américains et il est fort curieux de constater qu’après tant d’années de disparités criantes la question de base est la même des deux côtés des océans ! Mais le lendemain nous ayant toujours posé la même interrogation, nous ne pouvons qu’y répondre avec confiance : « Demain s’occupera de lui-même. » À nous de bien le préparer.
Noël s’est trouvé au milieu d’une vague de froid débutée fin novembre qui a fait de nombreux morts surtout dans le Nord. J’en ai été indirectement une des victimes car sauf une semaine, j’ai passé tout décembre alité, avec l’oxygène à portée. Rien que bien banal pour moi, mais toujours source de soucis infinis pour ceux et celles qui me soignent en se demandant si cette fois, le cœur ne va pas faire des siennes (seulement une fois, en fait) ou la hernie abdominale s’aggraver (deux alertes) ou… etc. Depuis le 29 décembre, je me lève et puis aller jusque chez les vieillards.
Il y en a un en moins puisque Ramakrishna est décédé la veille de Noël. Son sourire perpétuel va nous manquer. Juste avant de tomber en coma, il me disait le matin en se frappant la poitrine : « Ne vous faites pas de soucis, je vais très bien. » Il y a deux ans, on l‘avait cru mort pendant quelques heures, et c’est en faisant les rites finaux avec des Poujaris-prêtres juste avant de partir pour le bûcher de sa crémation qu’il s’est réveillé. Depuis, il voue une infinie reconnaissance à « Gopa Devi », sa déesse. Je n’ai pas pu assister à ses funérailles
Le matin de Noël, c’est Nyoti qui est morte. Une vie infiniment triste que celle de cette ancienne prostituée qui avait participé aux trois mois de formation d’infirmière aux pieds nus de 1986. Elle avait été ensuite jusqu’à maintenant responsable des paramédicaux du dispensaire de Bélari. Ses deux fils sans père, qui lui en ont fait pas mal voir, s’en sont fort bien occupés cependant ces dernières années. Après une attaque cardiaque suivie d’une opération il y a quelques mois, elle a refait une attaque et est partie paisiblement. Gopa a pu aller voir la famille, mais pas moi. Assez triste de ne pas pouvoir participer aux deuils ou aux joies (plusieurs invitations refusées) des gens.
Et Soritda-Rivière Sacrée de Bélari a été admis à l’hôpital ce 27 décembre. Personne ne sait exactement ce qu’il a (lymphangite ?) mais avec ses 81 ans, il est très faible.
Et voici une année assez tumultueuse mais belle qui se termine.
Que nous amènera 2012 ? Joie et amour certainement.
C’est ce que je vous souhaite.
Fraternellement,
Gaston Dayanand.
Icod, samedi 31.12.2011

 

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