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Revue de Presse

Paris-Match - suite et fin

Friday 01 December 2000 à 16h52

Deux bateaux dispensaire. Tout au long de l'année, les deux " City of Joy " voyagent d'île en île, où ils sont attendus, reconnus.
Deux jours avant leur arrivée, des files d'attente se forment sur des centaines de mètres autour de petits dispensaires, des précaires baraquements en bois construits dans la jungle.
A Asanta, près de la frontière du Bangladesh, 20 000 personnes cohabitent dans des villages de huttes, sur un morceau de terre boueuse de 75 mètres carrés.
Ici, pendant des années, on n'a jamais vu un médecin.

L'île est décimée par les épidémies de maleria et les enfants y meurent par dizaines, l'hiver quand la température descend à moins de 10 degrés.
Le sol est tellement détrempé que les gens dorment sur des paillasses humides.
Lorsque les familles n'ont plus rien à manger, les femmes partent pour Calcutta afin de trouver un travail temporaire et font à pied les 80 kilomètres qui les séparent de la capitale, sur une route infernale où roulent à toute allure des camions crachant des fumées noires.
"Le bateau est un cadeau de Dieu", dit l'une d'entre elles qui a perdu deux enfants de la tuberculose.

Chaque "City of Joy" s'arrête 24 ou 48 heures dans chaque îles et le médecin reçoit 180 personnes par jour. La consultation coûte 5 roupies. Elle permet de renflouer la pharmacie du dispensaire, et aux malades de conserver leur dignité.
Devant le bateau, c'est la cour des miracles.
Du matin au soir défilent des lépreux, dont certains ne sont plus que des morceaux de chair humaine, des bouts d'hommes au visage raboté, aux moignons purulents, qui se traînent sur le sol avec des regards implorants. Des mères squelettiques portent des enfants au ventre gonflé, ombres de vie qui s'éteignent lentement dans leurs bras. Beaucoup, à 3 ans, ne pèsent pas plus de 3 kilos.
Chaque jour, il y a des dizaines d'urgences, des gens attaqués par les tigres, mordus par des chiens enragés ou des serpents, et d'autres, victimes d'accidents, de coups de couteau, de brûlures, de crises de folie, d'empoisonnement.
Il y a aussi les grands cancéreux, les fous, les muets, les aveugles, les paralytiques, pour lesquels le médecin ne peut rien mais qu'il prend toujours le temps d'écouter, de réconforter.

Les petites opérations chirurgicales ont lieu sur le bateau, à même une planche de métal.
Pour les opérations plus lourdes, les malades sont financièrement pris en charge par l'organisme du "City of Joy" et envoyés dans les hôpitaux ou au centre de Basanti,qui est le trait d'union entre les îles et le continent.

En huit ans, le Dr Mathur a reçu 500 000 patients à Basanti.

Il a abandonné son cabinet de Calcutta pour ce dispensaire, où il gagne moins de 2 000 roupies par mois.
"Il n'y avait pas d'autre solution, dit-il. Que feraient tous ces gens sans nous ?"

Cocoon, un paysan musulman devenu biologiste, parcourt chaque jour 100 kilomètres en barque ou à bicyclette pour vérifier si les malades prennent bien leurs médicaments.
Il a appris son métier auprès de Gaston Grandjean, qui est aussi l'auteur d'un ouvrage de médecine et d'infirmerie écrit à l'usage des travailleurs sociaux.
Cocoon est également chargé d'analyser les crachats au petit laboratoire installé à bord du bateau.

"Tant que l'on travaille pour les pauvres, on peut compter sur Dieu", dit Gaston Grandjean, qui a regroupé, formé et motivé les volontaires du delta.
En 1972, il a fait le voeux de "rejoindre les plus déshérités là où ils sont, de vivre la même vie qu'eux et de mourir avec eux".

Tel est l'idéal de la Fraternité du Prado.
Gaston était arrivé à Calcutta à 35 ans, avec pour tout bagage un rasoir, une brosse à dents et les Evangiles, et s'était installé à Pilkhana, le bidonville le plus sombre de la ville.
L'année précédente, la partition avait contraint 11 millions d'hommes venus du Bangladesh et du Bihar à se réfugier dans la "Cité de l'épouvantable nuit ", et Pilkhana constitue l'une des plus fortes concentrations humaines de la planète. Gaston y créa un premier dispensaire.

On n'imagine pas plus pauvre que ces taudis surpeuplés, privés d'eau, d'électricité, de fenêtres, bordés d'égouts à ciel ouvert, d'une puanteur insoutenable, où pullulent les rats, les cafards, les scolopendres, les cancrelats, les tarentules, la vermine, et des centaines de vaches confinées dans des étables sordides, tous générateurs de maladies et d'épidémies.
Gaston dormait dans une cour, tête-bêche avec 80 lépreux.
Plus tard, on lui donnera une chambre de 1,50 mètre sur 2 dont personne ne voulait car elle fut celle d'un pendu.
Huit mois par an, la température dépasse les 40 degrés et l'hygrométrie, les 98 %d'humidité.
Chaque matin, ils sont 100 000 à faire la queue devant une pompe qui crachote une eau saumâtre, et, comme il n'y a pas de latrines, Gaston faisait comme tout le monde, il se soulageait dans les égouts qui débordent et inondent les taudis pendant la mousson.
Le bidonville est noyé en permanence sous la fumée épaisse et acide que dégagent les petits feux de bouse sur lesquels on prépare la cuisine, une fumée qui déchire les poumons, provoque d'inextinguibles quintes de toux et finit toujours par tuer.

"Mon voisin de chambrée, se souvient-il, m'a appris le sens du partage et de la prière. Le soir, je l'entendais prier et remercier le Ciel. Il se réjouissait de la joie des autres, alors que lui n'avait rien et s'inquiétait de savoir si mes parents, là-bas en Suisse, mangeaient à leur faim."
Beaucoup de malades sont morts dans ses bras.
"Ils partent avec le sourire, jamais dans la détresse.
Ils pensent uniquement à ceux qu'ils laissent. Comment vont-ils faire maintenant ? Comment vont-ils se débrouiller? "

Un jour, une femme est venue voir Gaston.
Sur les douze enfants qu'elle avait mis au monde, elle en a perdu onze et le dernier, un garçon de 15 ans, est en train de mourir de tuberculose.
"Sauvez mon fils. Je vous donnerai tout l'argent que je mendie jusqu'à la fin de ma vie."

Gaston n'accepte jamais d'argent, mais il garde précieusement les fleurs qu'elle cueille au bord des routes et lui offre chaque jour.

Quand son fils est mort, la femme est devenue à moitié folle. Elle a distribué aux voisins le peu qu'elle possédait, puis est partie à pied, au hasard des chemins.
Un soir, Gaston a trouvé un petit poisson à la porte de sa chambre et a su qu'elle était de retour. Elle n'avait pas mangé depuis longtemps mais tenait à exprimer sa reconnaissance au frère blanc qui avait tout tenté pour sauver son enfant.

Lorsqu'il a réalisé que le " City of Joy " n°1 ne suffisait plus à couvrir les 57 îles des Sundarbans, c'est Gaston qui a de nouveau fait appel à Dominique Lapierre.
Deux donateurs d'Andorre ont permis l'achat du "City of Joy II" qui circule lui aussi, maintenant, entre les Iles.

Chaque matin, ses occupants prient ensemble afin de se donner du courage pour partir en croisade contre la misère. Le soir, avant chaque traversée, ils offrent des " puja", des cérémonies religieuses dédiées à Gangâ, l'imprévisible déesse du fleuve où il est si périlleux de naviguer la nuit à cause des tigres et des cyclones.
Les volontaires des Sundarbans appartiennent à ceux que l'on veut oublier.
Ils sont la voix des gens sans voix.

Article tiré de Paris-Match et écrit par Claudine VERNIER-PALLIEZ.

 

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