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Revue de Presse

Paris-Match

vendredi 01 décembre 2000 à 16h52

logo Paris-Match Un Indien, un religieux Suisse et Dominique Lapierre ont équipé un deuxième bateau-hôpital pour venir au secours des populations oubliées.

Article tiré de Paris-Match et écrit par Claudine VERNIER-PALLIEZ.

Et maintenant il y en a un deuxième !

Après le premier bateau-hôpital lancé l'année dernière au secours des miséreux des Iles du Bengale avec l'aide de la fondation de Dominique Lapierre, un second vient d'entrer en service en 1999, le "City of Joy II".

Cette flottille humanitaire était d'une urgente nécessité.

Il n'y a guère au monde, en effet, de population plus éprouvée et plus abandonnée que celle des parias des îles des Sundarbans.

Ils habitent des huttes de paille régulièrement englouties par les inondations, balayées par les cyclones et les raz de marée, posées à quelques mètres de la surface des eaux, sur une terre saline qui ne donne qu'une maigre récolte de riz par an, et parfois moins.
Dans le golfe du Bengale, au large du delta du Gange, le plus grand delta de la planète, le plus funeste aussi, là où le fleuve se fractionne en milliers de bras, sont les Sundarbans, où poussent des arbres amphibies, les palétuviers, où les tigres se nourrissent de poissons et de chair humaine et où personne ne va jamais
car ici dit-on, c'est le ventre de l'enfer.

Le jour où nous avons emprunté une barge pour traverser le fleuve, nous y avons croisé un mort qu'on emportait sur l'autre rive, mal enveloppé dans un vieux sac de jute, le visage déchiqueté, les yeux ouverts.
C'était un pêcheur. Il partait en barque vendre sur le marché, pour quelques roupies, les trois crevettes qu'il venait de pêcher et n'avait pas les moyens de garder pour lui, quand un tigre est apparu à la surface de l'eau et l'a cueilli sur le pont. L'animal l'avait repéré dans la forêt et le suivait depuis deux jours.
Les tigres des Sundarbans n'attaquent jamais de front mais toujours par-derrière. Ils observent leur proie, attendent, tapis dans l'ombre, et se jettent sur elle au moment où elle est le plus vulnérable, quand elle a le dos tourné.
On ignore la raison de leur goût pour la chair humaine.

Le Bengale est fier de ses derniers tigres.
Ils sont moins de quatre cents et ont survécu car l'endroit est d'un accès trop risqué pour les chasseurs.
Ils mènent une existence aquatique, nagent, boivent l'eau de mer, agressent les crocodiles, dévorent les poissons et tuent trois cents hommes par an.
Quand ils partent récolter le miel sauvage, l'une de leurs seules sources de richesse, les paysans des Sundarbans, afin d'intimider les fauves qui attaquent par-derrière, portent sur la nuque un masque d'aspect humain équipé d'un système électrique qui fait étinceler les yeux.
Dans ce pays né des crues et miné par les crues, il y a aussi les crocodiles, les cobras, la tuberculose, le choléra, le paludisme, les épidémies, les innombrables maladies de carence, les raz de marée qui font mugir les vagues comme des buffles, les caprices du Gange, fleuve imprévisible et sacré, donc respecté,
et toujours ces 800 000 hommes qui, eux, à part les crevettes et le miel sauvage, n'ont définitivement rien.
Pas un médicament,
pas un médecin, car ceux-ci refusent " d'aller travailler en enfer ",
pas une maison en dur mais des huttes de paille détruites ou érodées par le fleuve et les vents,
pas un poste de radio pour les avertir d'un cyclone, alors que les centres de détection de Madras pourraient les prévenir, comme dans le reste de l'Inde, vingt-quatre heures à l'avance.
Ils n'ont même pas, ou si peu, d'eau potable. Il faut descendre à 200 ou 300 mètres de profondeur pour en trouver et creuser un puits revient vraiment trop cher.

Alors les enfants continuent d'aller jouer, parce qu'ils n'ont pas d'autres jeux, dans l'Hooghly, ce long canal funèbre et puant qui longe la route de Calcutta aux Sundarbans, où se déversent tous les égouts du Bengale, et ils ne cessent d'y mourir.

Les îles du silence n'intéressent personne : elles n'ont rien à offrir.

Mais elles ont ému les disciples de Mère Teresa.
"Tout ce qui n'est pas donné est perdu ", dit un proverbe indien dont Mère Teresa fit son leitmotiv.
La sainte de Calcutta, dont on parle toujours au présent, comme si elle vivait encore, et qu'on appelle simplement " Mother ", a initié à travers le sous-continent et dans le monde, et particulièrement au Bengale, un mouvement humanitaire considérable orchestré par des hommes anonymes, des êtres de lumière qui ont choisi de donner leur vie aux plus pauvres d'entre les pauvres. Et particulièrement aux parias des Sundarbans.

L'un d'eux, Mohammed Abdul Wohab, est un ancien terroriste qui fomenta des rébellions armées d'une extrême violence à l'époque des naxalites.
Après plusieurs séjours en prison, il termina ses études de droit, jeta ses armes, revêtit sa robe d'avocat pour une photo souvenir, la rangea définitivement au fond d'une valise et partit secourir les pauvres des Sundarbans.
C'est en grande partie grâce à sa détermination et à celle de Gaston Grandjean, un frère du Prado qui vit en Inde depuis 1972, qu'est né un premier bateau-dispensaire destiné aux habitants des cinquante-sept îles oubliées.

Le "Merison City of Joy Boat Dispensary" financé par un jeune couple de Hollandais, propriétaires d'une importante société d'articles ménagers, a longtemps été un vieux ferry-boat qui faisait la navette sur l'Hooghly, le bras du Gange qui arrose Calcutta.
L'année dernière, le bateau transformé a été équipé d'appareils radiologiques, d'une réserve de vaccins et d'une petite antenne chirurgicale.
Il possède son propre générateur, qui fait un bruit d'enfer quand on le met en marche pour une radio ou une opération.

Un médecin, six infirmiers et quatre marins sillonnent inlassablement à son bord les Sundarbans.
Tous les six mois, ils se relaient.
Les docteurs abandonnent momentanément l'hôpital ou leur cabinet pour aller soigner bénévolement les miséreux du delta.
Parfois, des volontaires occidentaux montent à bord, comme Florence, une jeune Parisienne de Kinés du monde venue partager la vie de l'équipage et enseigner son métier aux étudiants bengalis.

Cette année, un second bateau-dispensaire a été mis en service, le " City of Joy II ".

Nous l'avons accompagné dans ses missions.
En plus de ces bateaux et pour lutter contre la tuberculose, première cause de mortalité en Inde, Wohab créa un petit dispensaire sur la terre ferme à Shis-Bangore.

Chaque jour, des centaines de malades se pressaient autour de sa hutte de fortune et presque tous repartaient sans avoir reçu ni soins, ni médicaments, ni secours alimentaire.
Le peu d'aspirine ou d'antibiotique qu'il réservait aux malades était dévalisé la nuit par les voleurs.
Il lui fallait un bâtiment en dur pouvant résister aux bandits et aux intempéries, un laboratoire de pathologie, un microscope, une installation de radiologie et, surtout, du courant électrique, dont la région était totalement dépourvue.
Dominique Lapierre, qui avait décidé de donner aux pauvres de Calcutta une partie de ses droits d'auteur, alla réclamer l'installation d'une ligne prioritaire au ministre de l'Energie du Bengale et le menaça de faire une grève de la faim devant sa porte s'il n'accédait pas à sa demande.
La mystique du jeûne était l'arme utilisée par le Mahatma Gandhi contre les Anglais. Dans ce pays où 400 millions de gens vivent au-dessous du seuil de pauvreté, avec moins de 800 calories par jour, et où les plus affamés offrent chaque semaine aux dieux un jour d'abstinence volontaire, c'était aussi une dialectique absolue.
Dix jours plus tard, la ligne fut en place.
Les patients mirent un certain temps pour comprendre à quoi servaient les rayons X. Jusque-là, quand on leur demandait une radio des poumons, ils apportaient un cliché pris dans un Photomaton et parfois même une photocopie de leur bras ou de leur main, ignorant l'endroit exact où se trouvent les dits poumons.
Depuis, grâce aux dons d'une chaîne de lecteurs de " La cité de la joie ",
le dispensaire de Shis-Bangore, créé par l'ancien terroriste reconverti dans I'humanitaire, est devenu
le centre antituberculeux le plus efficace du Bengale.

95 % des malades y trouvent la guérison et la " fièvre rouge " a été éradiquée dans plusieurs centaines de villages alentour. Sept mille malades y sont dépistés, traités, suivis après leur rétablissement.

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